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Homéopathie


Nous défendons le remboursement de l’homéopathie


Nous réécrivons ci-dessous des articles parus dans la revue Weleda


L'homéopathie menacée

Comprendre et agir

Texte Jean Remy


Depuis un an, l'homéopathie subit les attaques d'une partie du corps médical français. Remboursement des médicaments, enseignement universitaire, sont sur la sellette. Une campagne de soutien à l'homéopathie, #MonHomeoMonChoix, permet aux patients de faire entendre leur voix.


« Il faudrait rembourser le sirop à la fraise, alors ! » De la dérision à l'insulte, ce tweet choisi parmi des milliers d'autres en dit long sur la manière dont le débat sur l'efficacité de l'homéopathie s'est dégradé depuis un an. Un véritable retour en arrière !


Tout commence en mars 2018. Le Figaro fait paraître une tribune au vitriol, signée de 124 professionnels de santé membres d'un collectif appelé #Nofakemed. Le texte appelle les pouvoirs publics et l'Ordre des médecins à bannir les « médecines dites alternatives », tout particulièrement l'homéopathie, jusqu'à interdire aux médecins et professionnels de santé qui les utilisent de faire valoir leur titre. Tempête médiatique ! Sous la pression, la ministre de la Santé saisit la Haute Autorité de Santé (HAS) afin d'évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement. Verdict en juin prochain. Libre à Agnès Buzyn de suivre ou non l'avis de cet organisme qui a récemment consulté toutes les parties prenantes, dont les Laboratoires Weleda.


Une décision qui pourrait tomber comme un couperet


Les patients seraient les premiers à souffrir d'un éventuel déremboursement des médicaments homéopathiques. Au siège de l'Association de Patients de la Médecine Anthroposophique (APMA), Jessie Delage, membre du conseil d'administration, ne cache pas son inquiétude : « Nos adhérents nous font part de leur tristesse et de leur colère face à l'ampleur de cette attaque et le sentiment que la décision pourrait tomber comme un couperet. Ils craignent aussi la raréfaction des médecins formés à l'homéopathie. Or ce sont des patients qui ont fait des choix thérapeutiques en associant à des traitements lourds, lorsqu'ils y sont confrontés, des médicaments homéopathiques ou anthroposophiques pour les soulager. Devront-ils se rendre en Allemagne ou en Suisse pour continuer de se soigner comme ils le souhaitent ? L'homéopathie va-t-elle être condamnée à devenir une médecine de luxe en France ? »


Joël Siccardi, président de l'Association Homéo Patients France (AHP France), regrette amèrement le manque d'attention à l'expérience vécue par les patients : « Les médias restent focalisés sur la question de l'effet placebo et des preuves scientifiques. Bien sûr, découvrir le mode d'action de l'homéopathie serait important. Il est nécessaire que les chercheurs y travaillent. Mais nous invitons les autorités de santé à prendre aussi en compte l'efficacité du traitement et l'intérêt de notre expérience. Un patient qui constate l'efficacité d'un traitement homéopathique prescrit par un médecin retourne généralement le consulter. À la longue, parfois plusieurs décennies de suivi, il bénéficie d'un recul qui lui permet de dire comment l'homéopathie l'a accompagné tout au long de son parcours de vie, dans des pathologies très diverses. N'est-ce pas aussi important ? »


En plus de priver les patients de traitements efficaces, le déremboursement produirait d'autres effets délétères. Pour commencer, la collectivité pourrait subir le coût des transferts vers des médicaments plus coûteux : le prix moyen des médicaments homéopathiques remboursables (SNC) est de 2,70 €, celui des autres médicaments remboursables de 10,00 €. Tout aussi grave serait l'exclusion de l'homéopathie de l'enseignement médical : « Enseigner l'homéopathie dans les facultés de médecine et de pharmacie est le seul moyen de maintenir les patients dans un parcours de soins rigoureux », souligne le Dr Charles Bentz, président du Syndicat national des médecins homéopathes français (SN MHF).


Se mobiliser de façon simple sur #MonHomeoMonChoix


Début avril, l'ensemble des acteurs de l'homéopathie (professionnels de santé, sociétés savantes, associations de patients, entreprises du médicament homéopathique ont lancé une campagne pour que chacun puisse exprimer son attachement à l'homéopathie et exiger le maintien de son remboursement.


Le collectif #MonHomeoMonChoix propose à chacun de se mobiliser de façon simple et gratuite :


soit en signant sur le site internet www.monhomeomonchoix.fr


soit en envoyant « Homeo » par SMS au 32 321


En guerre contre les « arts de guérir »


Qui sont les #Nofakemed ? Médecins et autres professionnels de santé, la plupart militent pour une pratique qui reposerait exclusivement sur les lois de l'Evidence based medecine, c'est-à-dire la « médecine basée sur les preuves scientifiques », appuyée sur des modèles statistiques. Cette conception rejette toute technique complémentaire, toute approche intégrative. « La médecine basée sur les preuves contribue à mettre à la poubelle ce qu'elle nomme avec dérision "effet placebo". Son rêve est de guérir des corps en mettant entre parenthèses ce qui les anime. Elle est en guerre contre les arts de guérir, dont fait partie l'homéopathie », déclare la philosophe Isabelle Stengers, questionnée par Le Monde le 27 novembre 2018.


« L'homéopathie dérange depuis ses origines, déplore le Dr Charles Bentz (SNMHF). Parce qu'elle utilise des médicaments hautement dilués, nos détracteurs voudraient limiter son action au seul effet placebo. Pourtant, en plus d'études cliniques et d'expérimentations conduites auprès de grandes populations dans la durée, nous disposons de bien des arguments qui démontrent qu'elle agit autrement : son efficacité sur le long terme, son utilisation en médecine vétérinaire... »


Ignorer le mode d'action de l'homéopathie ne permet pas d'en déduire que les médicaments homéopathiques n'ont pas d'action au-delà du seul effet placebo, au même titre que les autres médicaments. Florian Petitjean, président et pharmacien responsable de Weleda France, rappelle que « la science finit souvent par expliquer ce que les hommes ont observé déjà depuis longtemps. Dans certains cas, la science ne dispose pas (encore) des outils ou des technologies adéquates. Elle ne peut que constater une action sans en comprendre les mécanismes sous-jacents. »


Le Dr Hélène Renoux, présidente de la Société savante d'homéopathie et du Comité européen d'homéopathie (ECH), souligne le rôle spécifique des sociétés savantes dans cette évolution : « Nous mettons en avant le désir de la communauté homéopathique d'approfondir ses réflexions sur la qualité des actes médicaux homéopathiques, leur pertinence et l'évaluation de leurs résultats.


En cela la société savante d'homéopathie répond à un aspect primordial du questionnement en cours par rapport à l'homéopathie, celui d'une exigence de qualité et d'une capacité à se remettre en question et à s'évaluer. »


De son côté, le Dr Daniel Scimeca, président de la Fédération Française des Sociétés d'Homéopathie, rappelle enfin aux détracteurs de l'homéopathie qu'il n'existe qu'une seule médecine et des thérapeutiques plurielles « Opposer médecines "conventionnelles", "traditionnelles" et "complémentaires", est une impasse. Seule l'intégration des différentes thérapeutiques nous permettra de répondre aux défis de santé publique. Nous avons beaucoup d'atouts à faire valoir ! J'ose espérer que du positif émergera de cette polémique. »


La médecine anthroposophique profondément liée à l'homéopathie


La médecine anthroposophique développe une conception holistique de l'être humain, prenant en compte les niveaux corporel, biologique et physiologique, psychique et spirituel. Elle relie l'homme à la nature, donc aux autres êtres vivants et aux minéraux, sources de ses remèdes. « Son lien à l'homéopathie est particulièrement fort puisqu'elle en partage les principes de dilution et de dynamisation du médicament d'une part et d'individualisation thérapeutique d'autre part. D'ailleurs plus de 80 % des traitements prescrits à nos patients sont des médicaments préparés homéopathiquement », explique le Dr Robert Kempenich, président de la Société Savante de Médecine Anthroposophique (SSMA) et de l'Association pour la Recherche et l'Enseignement en Médecine Anthroposophique (AREMA).


En homéopathie, le principe de similitude indique que le patient peut être soigné par une substance diluée qui, si elle était administrée sans dilution à une personne en bonne santé, provoquerait des symptômes. La même substance, hautement diluée, apaise ces symptômes chez une personne malade. La méthodologie anthroposophique, héritée de Goethe, se fonde sur la loi d'analogie qui considère que l'homme et la nature ont tissé une relation intime au cours de leur évolution commune.


Toute substance naturelle peut influencer la santé de l'homme : que ce soit au niveau moléculaire (comme en médecine conventionnelle), selon son rôle dans la nature et même dans sa dimension culturelle. « Par exemple, le fer pourra être prescrit en raison de ses nombreuses propriétés physicochimiques et biologiques, mais aussi, de son comportement, de son rôle dans l'environnement et de sa place dans l'histoire humaine », illustre le Dr Kempenich. Ces différentes dimensions composent ce que la médecine anthroposophique appelle l'image du médicament.


Les médicaments proviennent de matières premières appelées « souches », tirées des règnes minéral, végétal et animal. Les souches des médicaments anthroposophiques sont, dans un premier temps, préparées par des procédés pharmaceutiques spécifiques, comme la chaleur par exemple. Puis elles sont diluées par étapes et dynamisées, c'est-à-dire rythmiquement agitées à chaque étape de dilution'. « C'est le rôle de la préparation pharmaceutique, en laboratoire, de réorienter la substance de la nature vers un processus intérieur de l'homme : la substance devient alors un médicament », précise le Dr Kempenich.


Enfin, le traitement anthroposophique correspond à une personne particulière, il est adapté à une situation biographique individualisée.


C'est à ce titre que les patients ont « le sentiment d'avoir doublement choisi l'homéopathie », comme le dit Jessie Delage (APMA) : « La médecine anthroposophique est fondée sur une médication homéopathique dynamisée. Elle partage avec l'homéopathie de nombreux ingrédients et méthodes de préparation, tout en intégrant une vue spirituelle de l'être humain»


[Des nuances existent donc entre les différents modes de préparation. Les médicaments anthroposophiques sont généralement préparés en dilutions décimales alors que les médicaments homéopathiques le sont en dilutions centésimales].


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