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Sevrage tabagique



Le fait de fumer est consécutif à plusieurs facteurs :


un facteur psychosocial ;

un facteur psychologique ;

un facteur de dépendance.


Concernant le facteur psychosocial, on commence généralement à fumer à l’adolescence. En effet, l’adolescence est la période de la construction et de l’affirmation de soi où les attentes relationnelles et identitaires dominent. Fumer ou ne pas fumer est un choix difficile pour l’adolescent, car l’acte de fumer agit comme un véritable marqueur d’intégration et de distinction. L’adolescent se distingue alors du fait qu’il fume, par le biais du produit qu’il utilise ainsi que par sa manière de le consommer.


L’adolescent qui se risque à l’usage du tabac pense inconsciemment qu’il réduit les limites entre l’enfant qu’il était et l’adulte qu’il devient. Son attitude change par une expression d’aplomb, de sang-froid, d’élégance voire même de provocation, etc.


Nous voyons donc que le caractère attractif de l’usage du tabac est porté par sa fonction psychosociale et que cet usage dépend grandement des représentations qu’il suscite et donc des systèmes socioculturels dans lesquelles il s’inscrit.


Concernant le facteur psychologique on trouve des situations familiales qui ont été mal vécues dans la prime enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte. Des difficultés relationnelles avec les parents, des accidents, des agressions sexuelles, une emprise psychologique, du harcèlement, de la maltraitance infantile, des enfants témoins de violences conjugales, des deuils, etc. ont profondément marqué le psychisme. Ces facteurs psychologiques non résolus contribuent au maintien du tabagisme voire même à d’autres types d’addiction.


Enfin, le facteur de dépendance est consécutif au fait que le tabac est une substance extrêmement addictive. Pour peu que la vie induise du stress, des questionnements, de l’inconfort, que ce soit sur le plan professionnel, le plan familial, le plan affectif et/ou relationnel, la dépendance n’en est que renforcée.


Le tabagisme peut aussi être en relation avec ce que Mélanie Klein a théorisé dans la position schizo-paranoïde du nourrisson. Les sentiments d’amour et de haine, totalement inconscients, qui ont été vécus lors de cette période relationnelle avec la mère peuvent être à l’origine de l’inspire (je me hais en inspirant du tabac) et de l’expire (je me libère en expirant le tabac). La respiration joue ici un rôle fondamental. Ainsi l’individu qui fume est encore soumis à ses sentiments inconscients d’amour et de haine qu’il a éprouvés en tant que nourrisson.


Le sevrage tabagique est donc un processus qui doit tenir compte de multiples facteurs, facteurs qui peuvent être discutés avec un thérapeute afin que l’arrêt du tabac devienne une réussite.


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Stéphanie Fink

Thérapeute

Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste