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Deuil



La sidération est la première phase lors de l'annonce d’un décès. Nous restons comme hébétés, figés, incapables de présenter une quelconque réaction. Ce processus est présent chez tous, aussi minime soit-il. Ces apparents manques d'affects ou manques d'implication vont précéder les réactions de déni plus visibles.


Au départ la sidération est un processus de sauvegarde. L'intensité de nos émotions semble nous entraîner également vers la mort, comme si nous étions aimantés, ce qu'il faut absolument éviter. Il faut se préserver en refusant le drame. La phase de sidération va permettre d'accueillir mentalement l’information au goutte-à-goutte.


Le déni est consécutif à la sidération. C'est le refus complet de reconnaître la réalité de la perception traumatisante.  C’est une réaction qui survient systématiquement devant un stress majeur.


Ces deux premières phases sont suivies par l’incrédulité, qui passent souvent très rapidement. Nous sommes partagés entre la connaissance (travail du cerveau rationnel devant une information claire) et le fait de ne pas y croire (travail des affects qui refusent cette affreuse éventualité).


La douleur créée par l’annonce du décès devient de plus en plus intense et laisse la place à la colère et à l'agressivité. Nous pouvons réagir avec de l’agressivité envers tout l'environnement immédiat et particulièrement vis-à-vis de celui ou de celle qui vient d’annoncer le décès. Les premiers moments de stupeur passés, nous allons essayer de repousser la réalité hors de nous par une réaction violente, espérant que cette information ne nous atteindra pas ou ne nous submergera pas. L'agressivité est ici le signe que la vie est plus forte que l'attrait de la mort.


Nous devons être prudents afin que cette agressivité ne se retourne pas contre nous et n'accroisse pas notre sentiment de culpabilité naissant.


Lorsqu'un décès nous est annoncé, nous sommes comme placés hors du temps. Les repères temporels (« quel jour sommes-nous ? » et spatiaux (« où sommes-nous ? ») sont volatilisés dans un premier temps. La montre s'arrête. Toutes nouvelles informations et toutes paroles vont donc s'inscrire dans une autre dimension temporelle. Cela fait du choc initial un véritable « instant d'éternité ».


Dans cet instant hors du temps, toutes les phrases que nous allons entendre vont se fixer pour toujours dans notre mémoire et pourront, si nous les percevons ou les entendons mal, être la source de questionnements ou d’irritation pendant de longs mois qui nous rendront plus difficile encore la cicatrisation au cours du processus de deuil.


Un des risques majeurs et immédiats est le risque suicidaire pour partager le destin de la personne qui est partie. La question du suicide est constante dès l'annonce du décès, mais est souvent fugace. Lorsque cette idée persiste sur plusieurs jours ou plus longuement, elle est le signe d'une souffrance et nous devons consulter un spécialiste.


Le risque à plus long terme est d’entrer dans un cercle vicieux. Quand toutes ces étapes s'enchevêtrent et se réactivent les unes après les autres sans nous laisser de possibilité de sortie, nous entrons dans une véritable boucle psychique. La consultation avec un spécialiste est alors nécessaire.


Le travail du deuil peut aussi ne pas réellement débuter, lorsque notre psychisme se défend de la mauvaise nouvelle en la refoulant très profondément en nous. Nous restons alors aux étapes du déni et de l’incrédulité pendant des semaines, des mois ou des années.


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Stéphanie Fink

Thérapeute

Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste