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Difficultés et stress professionnel


Le stress


Quelques chiffres sur les suicides en France - Sources : Inserm, OCDE, InVS


La France se situe au 7e rang des 30 pays de l'OCDE concernant le taux de suicide. En 2009, le nombre de suicides en France s'établissait à 10 449 décès. En 2010, sur une période rétrospective de 12 mois, 3,9 % des personnes âgées de 15 à 85 ans interrogées déclaraient avoir eu des pensées suicidaires et 0,5 % avoir fait une tentative de suicide (TS). Le taux de TS déclarées au cours de la vie semble stable depuis 2000 (environ 6 %). On observe cependant une légère tendance à la hausse 0,5 % au lieu de 0,3 %, le chômage serait un facteur de risque invoqué.


Le taux de suicide varie selon le secteur d'activité et selon la catégorie socioprofessionnelle : « Le secteur de la santé et de l'action sociale présente le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/100 000), puis viennent ensuite les secteurs de l'administration publique en dehors de la fonction publique d'État (29,8/100 000), de la construction (27,3/100 000) et de l'immobilier (26,7/100 000). L'analyse par groupe socioprofessionnel montre des taux de mortalité près de trois fois plus élevés chez les employés et surtout chez les ouvriers par rapport aux cadres ».


• Aux États-Unis, le stress représente 60 % du taux d'absentéisme.

• 63 % des cadres et 30 % des salariés souffrent du stress

• Le nombre de personnes stressées a doublé en dix ans


Risques liés au stress d’après un rapport de l’OMS réalisé en 2004


Risques liés au contenu du travail


Nature des tâches (monotonie, peu stimulante, dépourvue de sens, manque de variété, tâches déplaisantes).


Charges de travail, rythmes et cadences (charge excessive ou insuffisante, fortes contraintes temporelles…).


Horaires de travail (manque de flexibilité, trop long, incompatible avec la vie sociale…).


Participation et contrôle (manque de participation à la prise de décision, manque de contrôle…).


Risques liés au contexte professionnel


Progression de carrière, statut, salaire : (précarité de l'emploi, manque de perspective de promotion, promotion insuffisante ou excessive, travail sans reconnaissance sociale, rémunération à la tâche ou à la pièce, système d'évaluation des performances peu clair et inéquitable, sous-qualification ou surqualification pour le poste…).


Rôle au sein de l'organisation, de l'entreprise, ambiguïté des rôles, coexistence de plusieurs rôles incompatibles dans le cadre d'un même travail, obligation d'assumer des responsabilités pour autrui, obligation (le s'occuper d'autres personnes et de leurs problèmes…).


Relation interpersonnelle (manque de soutien et de supervision de la part de la hiérarchie, mauvaise relation avec les collègues, travail isolé ou solitaire, absence de procédure pour traiter les plaintes et les problèmes).


Culture d'entreprise (communication, direction, manque de clarté entre les objectifs de l'entreprise et la structure organisationnelle).


Liens entre la vie professionnelle et la vie privée (conflit entre les exigences du travail et celles de la vie privée, manque de reconnaissance des problèmes privés au travail, manque de support à la maison pour les problèmes rencontrés au travail…)



Appelée aussi « maladie du siècle », les conséquences du stress sont considérables et il est capital de déterminer si les causes des troubles que nous vivons proviennent de ses conséquences, avant toute autre intervention thérapeutique.


Définition du stress


Le professeur Hans SELYE, le « père du stress », médecin canadien, découvrit que : « la réponse physiologique est unique, identique, la même dans tous les cas, qu'il s'agisse de faire face à une maladie ou à un événement. »


La définition du stress, proposée par Dominique CHALVIN résume bien cette notion :


Le Stress est une réponse identique et unique de l'organisme à toute demande qui lui est faîte (physique, psychologique, émotionnelle). Une grande joie ou un succès produisent les mêmes effets qu'une mauvaise nouvelle ou un échec.


Quand un individu est soumis à un brusque changement d'environnement qui peut représenter pour lui une menace (qu'elle soit physiologique ou psychologique), il développe une réaction d'alarme, de défense face à cette agression (réelle ou non) que l'on nomme : « réaction de stress ».


En ce sens, le stress est donc un mécanisme d'adaptation par action - réaction d'un être vivant à son milieu.


SLA ou SGA ?


La réponse d'un organisme aux conditions extérieures de la vie est une énergie qui peut prendre deux formes :


SLA : Syndrome local d'adaptation


C'est la manifestation du stress dans une partie du corps, une mobilisation locale de l'organisme pour s'adapter.


Par exemple, quand un corps étranger pénètre dans le corps, celui-ci réagit par la mobilisation de globules blancs, de la fièvre, un furoncle ou un abcès…


SGA : Syndrome général d'adaptation


Quand des syndromes locaux se produisent simultanément dans diverses parties du corps, ils provoquent un SGA qui va toucher tout l'organisme.


Ce syndrome va mobiliser tout le corps en modifiant les fonctions symptomatiques, fonctionnelles, organiques. C'est grâce à lui que nous nous adaptons aux changements de notre environnement.


Une réaction d'alarme : l'ensemble de l'individu se mobilise pour réagir. Si le choc est trop important, il peut conduire à un blocage total ou à une réaction de panique, et les autres phases ne suivent pas. L'individu est incapable de s'adapter (accident violent, séisme, incendie : qui paralyse…)


Une phase de résistance : les mécanismes réflexes d'autorégulation se mettent en route pour faire face à la situation. Tant que l'agression persiste, la résistance essaie de s'adapter (sécrétions hormonales excessives qui épuisent l'organisme et peuvent entraîner des lésions au cœur, à l'estomac, une baisse immunitaire…). Au cours de cette phase apparaissent les troubles spécifiques liés au stress.


Une phase d'épuisement : C'est la défaite liée à l'épuisement de l'énergie d'adaptation.


Par exemple : Vous vous baignez dans une eau assez froide. Tout d'abord, le corps est surpris, c'est la phase d'alarme, puis il s'habitue, c'est la phase de résistance, et si vous restez trop longtemps dans l'eau, vous tomberez malade, c'est la phase d'épuisement.


Quand l'organisme est usé par une demande trop importante d'adaptation par rapport à ses réserves énergétiques, il s'épuise et atteint le dernier stade du SGA car il n'a plus d'énergie disponible pour s'adapter.


Ce que nous vivons journellement, c'est une série successive de phases d'alarmes suivies par de courtes périodes de résistance.


Niveau optimal de stress


En fait, une personne est dite « stressée », quand la dose de stress accumulée dépasse le « seuil optimal » d'adaptation et que son organisme s'épuise. Cela dépend évidemment de son passé, son terrain, son rythme de vie, ses responsabilités, etc.


Le « niveau optimal de stress » est la quantité de stress biologiquement nécessaire à chacun d'entre nous pour fonctionner harmonieusement.


Ce niveau est variable selon les individus. Il appartient à chacun de le connaître, car nous avons un capital limité à la naissance. Il dépend de la structure de base de chaque individu.


Quand le niveau de stress est sous le niveau optimal, on assiste à une démobilisation de la vie, une perte de motivation, de l'ennui et de l'apathie.


Quand le niveau de stress est au-dessus du niveau optimal, la fatigue s'installe, ainsi que le manque de confiance, les colères, les erreurs…


« Bon » et « mauvais » stress


Il existe deux types principaux de stress :


Le bon stress est en rapport avec tout ce qui fait plaisir : joie, harmonie, réussite…


Le mauvais stress est tout ce qui déplaît, que l'on fait en contradiction avec soi-même, la tristesse, l'échec…


Mais cette division est arbitraire, car elle dépend de la façon dont chacun interprète les événements qui lui arrivent.


Selon Dominique CHALVIN : « Le bon stress est le stress où la réponse d'adaptation demandée est à la hauteur de la demande et où elle est consommée physiquement. »


En fait :


Au-dessous du seuil optimal, l'organisme est sous-stimulé, peu sollicité physiquement, psychologiquement et émotionnellement. Cette situation ne correspond pas au rythme biologique naturel.


Au-dessus du seuil optimal, l'organisme est surstimulé, surmené et les différentes adaptations nécessaires demandent une sécrétion anormale d'hormones (adrénaline, cortisol) qui entraîne des effets secondaires indésirables.


De plus, ce qui nous intéresse en tant que thérapeute, est le fait suivant :


Le stress devient pathologique quand la personne continue de réagir comme si elle était menacée, longtemps après la disparition de la menace.


Il s'agit d'un stress devenu chronique, où l'adaptation se ferait même sans agression externe. C'est le cas de certaines personnalités pathologiques anxieuses par exemple.


Réponse physiologique de l'organisme


La réponse de l'organisme au stress se fait par deux systèmes de défense :


Le système nerveux

Le système endocrinien (hormonal)


Voyons ce qui se produit en fonction des degrés de stress :


La réponse au stress est d'abord fournie par l'hypothalamus, qui active l'hypophyse, laquelle stimule à son tour la glande surrénale.


La partie périphérique de la glande surrénale (corticosurrénale) produit essentiellement le cortisol si le stress est chronique.


Sa partie centrale (médullosurrénale) élabore la noradrénaline, et surtout l'adrénaline quand le stress est aigu.


Toutes ces hormones influencent directement l'activité des organes.


Quelques troubles pathologiques liés au stress


La tension artérielle élevée ou hypertension est l'une des conséquences courantes du stress, qui peut, à long terme, devenir néfaste pour le cœur et les reins.


Les troubles gastro-intestinaux dont l'ulcère duodénal et l'anorexie mentale sont aussi des conséquences pathologiques.


On constate aussi des troubles respiratoires pouvant être provoqués par le stress, dont l'asthme, lié à des perturbations émotionnelles importantes.


Les signes du stress


Les tensions corporelles


En cas de stress négatif, nous subissons les tensions suivantes :


Contraction des maxillaires

Regard sans expression

Tension des épaules

Gorge serrée

Douleur au niveau du dos et des reins

Mains froides et moites

Estomac noué


Les signes psychologiques


Attitude négative envers les autres avec cynisme et pessimisme.

Repliement sur soi. La personne devient solitaire.

Entêtement et rigidité.

Obsessions. La personne peut difficilement se débarrasser de ses problèmes.

Conformisme de groupe : Difficultés de s'affirmer en société.

Négation des problèmes personnels : « tout va bien, merci. »

Apathie, passivité, détachement. Indifférence aux gens et aux événements. Plus de projet : « À quoi bon ».


Nous retrouverons ces différents signes au cours de la dépression.


Les 5 étapes de l'épuisement ?


Il est essentiel de repérer à quelle étape de l'épuisement se trouve le patient :


1. Problèmes physiques


• Insomnie ou hypersomnie sans repos réel, maux de tête ; brûlures d'estomac, mal de dos, abus de tabac, d'alcool, de médicaments…


2. Problèmes de fonctionnement intellectuel


• Réflexion, mémoire et concentration. Créativité réduite, sensation d'être dépassé, tendance à remettre à plus tard.


3. Solitude sociale


• La personne se coupe du monde et devient solitaire. Attitude négative vis-à-vis des autres, cynisme, détachement de l'environnement entraînant la solitude.


4. Épuisement du système émotionnel


Les réactions émotionnelles deviennent disproportionnées par rapport aux événements. "Nerfs à fleur de peau", colère ou larmes, ou émotions refoulées. "Je ne veux rien".


5. Perte du système de valeur personnelle


Sentiment de vide, d'inutilité, de non-sens. Perte des normes et des critères qui structurent les systèmes de valeur. Les buts deviennent confus.


Tous ces signes n'apparaissent pas forcément simultanément. Une manifestation passagère n'est pas significative. C'est la répétition de ces signes qui doit être prise en considération. Elle peut entraîner une dépression ou une maladie psychosomatique plus grave.


Types de personnalités prédisposées au stress


La typologie reconnaît trois types principaux de personnalités :


1. Le type A : l'extraverti. Il vit une vie accélérée, il est impatient, déteste attendre, il est impulsif et pressé, s'énervant facilement. L'image archétypale au cinéma était celle de Louis De Funés.


Ce type de personnalité est très sujet au stress et aux maladies cardio-vasculaires.


2. Le type C : l'introverti, à l'image d'Isabelle Huppert au cinéma, par exemple. À l’opposé du précédent, aucune émotion n'est extériorisée. Ce sont de « faux calmes », de type obsessionnel qui espèrent maîtriser le stress, mais qui se détruisent intérieurement.


La pathologie principale est de type dépressif accompagnée de baisses importantes du système immunitaire.


3. Le type B : la tranquillité, ceux qui maîtrisent leur destin. Ils gèrent le stress correctement.


Réguler son stress


Quand nous recevons, en cabinet, une personne étant manifestement en état de stress négatif, nous devons essayer de la conseiller, de l'aider à moduler et à utiliser le stress comme ressource positive.


La première chose à faire est de localiser quelles sont ses propres sources de stress.


Les éléments évidents du stress négatif sont faciles à repérer : comme un licenciement ou un divorce, par exemple. Ils contribuent à des doses massives quantifiées de stress, mais les autres sources, même minimes, tendent à s'ajouter les unes aux autres et sont plus difficiles à repérer.


Les 7 facteurs principaux du stress.


La perte


Il s'agit du facteur le plus connu et le plus stressant de tous.


Les différents niveaux de perte sont évidemment à apprécier selon les objectifs de vie de chacun :


Perte de personne : mort, divorce, départ d'enfant…

Perte professionnelle : licenciement, mutation, changement de service…

Perte personnelle : animaux, objets, etc.


Buts poursuivis et valeurs


Toute incohérence personnelle ou conflit interne est une source non négligeable de stress. Il s'agit ici d'un problème entre deux ou plusieurs subpersonnalités qui ne poursuivent pas les mêmes buts.


Relations conflictuelles avec autrui


Problèmes de communication et de compréhension, de voisinage…


Solitude et absence de relation


On souffre moins de mauvaises relations que d'une absence de relation !


Contrariétés quotidiennes


Embouteillages, retards, petits échecs professionnels, réunions rapides, déjeuners « sur le pouce », humiliations… Même si, pris individuellement, ces facteurs ne sont pas importants, leur cumul devient une source majeure de stress.


Rythme de vie accéléré


L'obsession du temps est le fléau des temps modernes. Il entraîne une vie surmenée, tendue qui est une énorme source de stress.


Environnement extérieur


Selon de nombreux sondages, le bruit, est la principale source de stress liée aux grandes villes. Il faut y ajouter le froid, la laideur, le béton…


Les relations déprimantes


Appeler ses parents ou des amis qui vous racontent leurs problèmes ou leur névrose, parler des malheurs dans le monde, de la guerre, du chômage. Ou même une journée de consultation bien remplie, sont des sources de stress qu'il ne faut pas négliger.


Incertitudes de la vie quotidienne


Perte d'emploi si l'on n'est pas compétitif, peur de la violence, syndrome de la « vache folle », du SIDA, du chômage, de l'apocalypse… !


Les messages personnels


Nos propres messages personnels, issus de nos croyances :


« Tu es un incapable », « tu vas oublier », etc.


Cette liste est évidemment non exhaustive. Mais essayez d'analyser votre vie personnelle et noter vos propres sources de stress.


Pour mesurer le stress, l'échelle de stress de HOLMES et RAHE est la cotation la plus connue :


On additionne les valeurs d'intensité de chaque stress subit pendant un an.


37 % de ceux qui atteignent un total de 150 à 200 points sont tombés gravement malades pendant l'année.


Ceux qui ont des scores de 200 à 300 points ont 50 % de chances de tomber malades.


80 % de ceux ayant plus de 300 points ont eu une affection pathologique pendant les deux années qui suivirent.


TYPES D'EVENEMENT


Mort du conjoint (100 points)

Divorce (73 points)

Séparation des époux (65 points)

Période de prison (63 points)

Mort d'un parent proche (63 points)

Blessure corporelle ou maladie (53 points)

Mariage (50 points)

Licenciement (47 points)

Réconciliation entre époux (45 points)

Prendre sa retraite (45 points)

Changement dans la santé d'un membre de la famille (44 points)

Grossesse (40 points)

Difficultés sexuelles (39 points)

Arrivée de quelqu'un dans la famille (39 points)

Changement quelconque dans l'univers de travail (39 points)

Changement au niveau financier (38 points)

Mort d'un ami proche (37 points)

Changement de fonction professionnelle (36 points)

Modification du nombre des scènes de ménage (35 points)

Hypothèque de plus de 30000 € (31 points)

Saisie sur hypothèque ou sur prêt (30 points)

Changement de responsabilité dans le travail (29 points)

Un fils, une fille quitte le foyer (29 points)

Difficultés avec les beaux-parents (29 points)

Succès exceptionnel (28 points)

Femme commence ou cesse de travailler (26 points)

Commencer ou terminer des études (26 points)

Changement dans les conditions de vie (25 points)

Changement d'habitudes (24 points)

Difficultés avec le patron (23 points)

Changement d'horaire de travail ou de conditions de travail (20 points)

Changement de résidence (20 points)

Changement de lieu d'études (20 points)

Changement dans les loisirs (19 points)

Changement dans les activités religieuses (19 points)

Changement dans les activités sociales (18 points)

Hypothèque ou prêt de moins de 31000 € (17 points)

Changement dans les habitudes de sommeil (16 points)

Changement du nombre des réunions de famille (15 points)

Changement dans les habitudes alimentaires (15 points)

Vacances (13 points)

Noël (12 points)

Contraventions (11 points)


TOTAL : 1466 points



Certains de ces items sont certainement à remettre à jour (notamment les notions financières).


Vous noterez que des évènements tels que les mariages, les réconciliations ou les grossesses sont en tête du tableau !


Il ne faut pas oublier les causes de stress qui proviennent d'une source biologique :


Sous-alimentation comme la suralimentation.

Excès de sucre.

Excès de graisses animales.

Excès ou insuffisance de protéines.

Excès de sel.

Excès de café, de tabac ou d'alcool et de médicaments.

Manque de sport, sédentarité.


Gestion du stress


Que peut-on faire face au stress ?


Il est évident que l'on ne peut pas grand-chose sur les éléments qui ne dépendent pas de nous.


Par contre, une grande partie du stress est « endogène », généré par notre comportement, nos émotions, nos comportements…


Être « Proactifs », c'est apprendre à gérer notre propre vie, à contrôler ce qui est sous notre responsabilité, dans notre sphère d'influence personnelle.


Cela concerne notre manière de gérer nos émotions, notre corps, nos objectifs, nos pensées.


Gestion des émotions


La reconnaissance et la gestion des émotions permettent de prendre conscience de la façon dont on transforme une situation soit en stress positif, soit en stress négatif.


L'émotion suit un trajet quadruple :


Accumulation émotionnelle.

Tension émotionnelle.

Décharge émotionnelle.

Détente.


1. Accumulation et charge d'énergie : Cette phase dépend de la manière dont nous sommes réceptifs au stress. Certaines personnes, hyperémotives sont chargées en permanence et possèdent un stock d'émotion en permanence, très lourd à gérer. D'autres sont, au contraire non-émotives, et mettent plus de temps à se charger. (types A ou C).


2. La tension : L'énergie accumulée est retenue dans certaines parties du corps, une minute ou 20 ans. Cette tension est souvent une source de maladie psychosomatique.


3. La décharge : L'émotion se disperse, se relâche, se dépense et la tension diminue. Elle peut être complète ou seulement partielle si une autre tension intervient.


4. Détente : Le corps se détend, l'énergie peut s'écouler librement.


Ces 4 phases sont théoriques. Des « croyances », des « messages personnels » peuvent interdirent les phases de décharge et de détente et empêcher la récupération complète. Le cas extrême se retrouve dans les pathologies liées à l'insomnie, qui est une forme d'interdiction de se laisser aller.


« Gérer ses émotions » consiste, tout d'abord, à être conscient et à respecter ces 4 phases.


Les émotions primaires sont les suivantes :


La Peur


C'est l'émotion la plus pernicieuse. Elle entraîne une énergie paralysante qui pénètre dans le corps et touche les organes.

Elle provoque une source de tension maximum, difficile à éliminer et pouvant se transformer en « phobie » qui est une source de peur permanente issue d'une décharge qui n'a pas suivi la tension.


Une des meilleures façons de la gérer est d'en parler pour extérioriser l'énergie. Notons qu'elle peut aussi être consécutive d'une « angoisse »


La Colère


À l’inverse de la peur, la colère est une énergie qui s'extériorise, partant de l'intérieur (viscères) et allant vers l'extrémité des membres (mouvements des mains et des pieds). Si la décharge n'est pas possible, elle restera dans certains organes, entraînant des maux de ventres ou de reins (« en avoir plein le dos »).

La gestion de la colère passe évidemment par une décharge de l'énergie (pouvoir parler, faire du sport).


La Joie


Émotion éminemment positive, la joie doit pouvoir s'écouler au travers du corps sans entrave. Elle doit pouvoir s'exprimer par des mots, des rires, des pleurs, des

cris si nécessaire… Certaines formes d'éducation empêchent l'expression libre de la joie.


La Tristesse


Émotion de blocage, la tristesse reste une énergie bloquée tant que l'interdit des pleurs ne lui laisse pas la possibilité de se décharger. Notre culture ne nous laisse pas souvent exprimer la tristesse et requiert une gestion mentale. Celle-ci rend notre tristesse toxique et empêche l'événement qui en est la source de se terminer.


D'une façon générale, notre société nous impose une gestion des émotions contraire aux lois physiologiques.


Nous devons réapprendre à exprimer nos émotions d'une manière plus naturelle afin d'avoir une meilleure gestion de notre stress.


Le corps face au stress


Plusieurs activités permettent au corps de ne pas se maintenir en phase de « tension ».


Ces recettes personnelles sont accessibles dans de nombreux ouvrages.


Elles concernent :


Une gestion équilibrée du sommeil.

Un régime diététique approprié.

Des exercices de relaxation réguliers.


Nous vous invitons à vous procurer des ouvrages sur ce sujet et à les mettre en pratique, afin de mieux aider vos consultants.




Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste