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Du stress à la dépression


Critères diagnostiques d'un épisode dépressif caractérisé - CIM-10


A. Critères généraux (obligatoires) :


L'épisode dépressif doit persister au moins 2 semaines.
Absence de symptômes hypomaniaques ou maniaques répondant aux critères d'un épisode maniaque ou hypomaniaque (F30) à un moment quelconque de la vie du sujet.
Critères d'exclusion les plus couramment utilisés : l'épisode n'est pas imputable à l'utilisation d'une substance psycho-active (F10-19) ou à un trouble mental organique, selon la définition donnée en F00-F9.


B. Présence d'au moins 2 des 3 symptômes suivants :


Humeur dépressive à un degré nettement anormal pour le sujet, présente pratiquement toute la journée et presque tous les jours, dans une large mesure non influencées par les circonstances, et persistant pendant au moins 2 semaines.


Diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour des activités habituellement agréables.


Réduction de l'énergie ou augmentation de la fatigabilité.


C. Présence d'au moins 1 des 7 symptômes suivants, pour atteindre un total d'au moins 4 symptômes :


Perte de la confiance en soi ou de l'estime de soi.


Sentiments injustifiés de culpabilité excessive ou inappropriée.


Pensées de mort ou idées suicidaires récurrentes, ou comportement suicidaire de n'importe quel type.


Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer (signalée par le sujet ou observée par les autres), se manifestant, par exemple, par une indécision ou des hésitations.


Modification de l'activité psychomotrice, caractérisée par une agitation ou un ralentissement (signalés ou observés).


Perturbations du sommeil de n'importe quel type.


Modification de l'appétit (diminution ou augmentation) avec variation pondérale correspondante.


* Le diagnostic d'épisode dépressif est porté en présence d'au moins 4 symptômes (2 symptômes de la liste B et au moins 2 symptômes de la liste C ; ou 3 symptômes de la liste B et au moins 1 symptôme de la liste C).


Cas clinique de dépression - Dominique Servant, Le stress au travail


Sophie, 38 ans, mariée 2 enfants, attachée commerciale dans une grande banque, ressent depuis un mois une fatigue, il lui faut faire un effort de plus en plus important pour se mettre en route et démarrer la journée. Elle ne comprend pas pourquoi alors elle ne dort plus et se réveille si tôt alors qu'elle se sent si épuisée. Elle n'arrive pas à récupérer. « Pourquoi je suis comme ça et je ne sais quand je vais m'en sortir, je ne peux pas continuer comme ça tourne t-elle en boucle dans sa tête. » S'il n'y avait pas ses enfants, elle resterait au lit mais elle ne veut surtout pas se mettre en arrêt, elle ne peut se le permettre, elle préfère lutter en se disant que ça va passer mais elle commence à être inquiète de son état. Au bureau, elle tente d'assurer mais il lui est pénible de se concentrer, elle doit faire un effort pour ne pas oublier les choses et elle a bien conscience qu'elle travaille lentement sans aucune efficacité par rapport à son activité habituelle. Avec des clients, elle est parfois ailleurs et doit reprendre ensuite tout le dossier. À la maison, elle n'en parle pas à son mari et lutte pour assurer mais elle n'a vraiment aucun goût ni pour sortir ni pour trouver du plaisir à faire des choses. Cela ne lui ressemble pas car elle aime la vie et là tout est pesant et elle voit plutôt le négatif. L'avenir l'effraie, rien que de penser aux vacances elle se sent submergée alors qu'avant ça la motivait et c'était un vrai plaisir. Il y a beaucoup de stress au travail en raison d'une grosse restructuration et d'exigences commerciales difficiles à tenir en raison de la crise économique. C'est vrai que son directeur met la pression depuis un an sur tout le personnel mais cela ne change pas beaucoup depuis plusieurs années et cela ne l'inquiétait pas plus que ça. Aujourd'hui, elle sent qu'elle s'enfonce chaque jour mais si au moins elle pouvait dormir, elle se demande comment elle va s'en sortir et tenir le coup et assurer. Elle a fini par en parler à une amie proche qui lui a conseillé d'aller voir son médecin. Il lui a dit qu'il n'y avait rien de médical et a prescrit un traitement antidépresseur en parlant de surmenage. Elle n'a pas voulu prendre le traitement prescrit. Il n'y a pas d'autres moyens de s'en sortir, se demande-t-elle, et n'est-ce pas son problème de sommeil qui dérègle tout ? Ses collègues la soutiennent mais comment va-t-elle tenir au travail si elle ne peut être plus concentrée et redevenir comme elle était avant. Elle avait eu comme tout le monde des petits coups de blues mais elle n'a jamais été dans un tel état de fatigue.


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