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La vie spirituelle chez divers auteurs


« Les personnes qui expérimentent les états holotropiques et intègrent leurs expériences de manière effective, ne développent pas une vision du monde délirante et personnalisée assimilable à une déformation incohérente de la « réalité objective ».

Ils découvrent divers aspects de la vision globale d'un univers créé et pénétré par une intelligence cosmique supérieure.

De plus, ce cosmos vivant correspond à leur propre psyché et à leur propre conscience.

Ces révélations manifestent une similarité remarquable avec certaines visions de la réalité apparues de façon répétée dans l'histoire du monde et ce, tout à fait indépendamment du lieu ».

Stanislav Grof - Professeur de psychiatrie

« Fort de toute ta science, peux-tu dire comment et d’où vient cette lumière qui entre dans l’âme ? »

Thoreau

« Dans notre conscience, à chacun de nous, c’est l’Évolution qui s’aperçoit elle-même en se réfléchissant ».

Pierre Teilhard de Chardin - L’illumination



Alors que, une nuit, j’étais plongé dans la méditation, je pénétrai soudain dans un état extraordinaire. J’étais comme mort, comme coupé de toutes choses.


Il n’y avait plus ni avant ni après. L’objet (de la contemplation) et mon moi avaient disparu. La seule chose que je sentais, c’est que l’intérieur de mon être était parfaitement unifié et était rempli de tout ce qui était en haut, et en bas, et alentour.


Une lumière sans limites rayonnait en moi. Après un certain temps, je revins à moi, et ce fut comme si j’étais ressuscité des morts. Ma vue, mon ouïe, mes paroles, mes mouvements et mes pensées étaient entièrement différents de ce qu’ils avaient été jusqu’alors. Lorsque j’essayai, en tâtonnant, de penser aux vérités du monde et de saisir le sens de l’incompréhensible, je compris tout. Tout m’apparut réel et clair.


Sans le vouloir, je me mis à lever les mains dans une immense joie, et à danser. Et soudain je m’écriai : un million de soutras ne sont qu’une bougie devant le soleil. Merveilleux, réellement merveilleux.


P. Lassalle



Étant physicien, je savais que le sable, les roches, l'eau et l'air autour de moi étaient composés de molécules vibrantes et d'atomes, consistant en particules qui en créent et en détruisent d’autre part interaction. Je savais aussi que l'atmosphère de la terre était continuellement bombardée par des pluies de rayons cosmiques, particules de haute énergie subissant de multiples collisions lorsqu'elles pénètrent dans l'air. Tout cela m'était familier de par ma recherche en physique des hautes énergies, mais jusque-là je l'avais seulement expérimenté à travers des graphes, des diagrammes et des théories mathématiques. Tandis que je me tenais sur la plage, mes expériences théoriques passées devinrent vivantes. Je vis des cascades d'énergie descendre de l'espace au sein desquelles les particules étaient créées et détruites selon des pulsations rythmiques. Je vis les atomes des éléments et ceux de mon corps participer à cette danse cosmique d’énergie. J'en sentais les rythmes et j'en entendais les sons.


Fritjof Capra - Physicien - Le Tao de la physique



Je me reposais sur une grande dalle de granit plate, les pieds plongés dans l'eau cristalline d'un torrent. Je me chauffais au soleil, absorbant ses rayons de tout mon être. Au fur et à mesure que je me relaxais, je sentais une paix profonde, plus profonde que tout ce que j'aurais pu imaginer. Le temps se ralentissait progressivement, jusqu'à ce qu'il semble s'arrêter. Ce fut un moment d'éternité.


Progressivement, je perdis la notion de limites et fusionnais avec la montagne de granit. Mon agitation et mon bavardage intérieurs se calmèrent, et firent place à un calme absolu. Je sentis que j'étais arrivé. J'étais dans un état de repos ultime, où tous mes désirs et besoins étaient satisfaits, et où toutes mes questions avaient trouvé réponse. Soudain, je réalisais que cette paix incommensurable avait quelque chose à voir avec la nature du granit.


Aussi incroyable que cela paraisse, je sentais que j'étais devenu la conscience du granit.


Auteur non connu



Le début de l'expérience fut soudain et spectaculaire. Je fus frappé par un éclair cosmique d'une colossale puissance qui fit instantanément voler en éclats ma perception ordinaire de la réalité. Je perdis complètement contact avec le monde environnant, qui disparut comme par enchantement.


La perception de mon existence habituelle, de ma vie, de mon nom, semblait se réduire à des images fictives se perdant aux confins de ma propre conscience. Robert… Californie… États-Unis… planète Terre…


J'essayais avec peine de me souvenir de l'existence de ces différentes réalités, mais tout cela n'avait soudain plus aucun sens. Je n'avais pas non plus de visions archétypales de divinités, de démons ou de domaines mythologiques, comme c'était habituellement le cas dans mes précédentes expériences.


À cet instant précis, la seule chose qui me sembla réelle fut une énorme quantité d'énergie tourbillonnante qui semblait contenir la totalité de l'existence en une forme totalement abstraite.


Cette énergie avait l'éclat d'une myriade de soleils, et cependant ne correspondait à aucune forme de lumière que je connaisse déjà. Elle semblait être pure conscience et intelligence, énergie créatrice transcendant toute dualité. Elle était finie et infinie, divine et démoniaque, terrifiante et extasiante, créatrice et destructrice… tout cela à la fois, et encore bien davantage.


Je ne disposais d'aucun concept, d'aucune classification, pour témoigner de cette expérience. Je ne pouvais pas maintenir plus longtemps mon sentiment d'être séparé en face d'une telle force. Mon identité se trouvait éclatée et dissoute ; je ne faisais plus qu'un avec la Source. Le temps n'avait plus la moindre signification.


Auteur non connu



Une conversation :


« Que puis-je faire pour que ce que j'ai éprouvé revienne ? non, bien plus, pour que je puisse rester en contact avec ce que j'ai éprouvé ?


Qu'as-tu éprouvé ?


Je ne sais pas. Je sais seulement que c'était fort. Il m'en reste un tremblement intérieur.


Beau ? Bon ?


Bien au-delà de beau et bon. C'était simplement « cela ».


C'est-à-dire ?


Ce qui importe. Fort, grand. Indescriptible. Plénitude, lumière, amour. Tout cela à la fois.


Cela t'a fait une grande impression alors ?


Bien plus. Une impression, cela paraît tellement subjectif. C'était bien plus. C'était une présence telle que je n'en avais jamais éprouvé.


Et toi ?


J'ai été tout à coup un autre. Complètement libre. Tout à fait moi-même et en moi-même, et en même temps relié à tout. Je ne savais plus rien et je savais tout. J'étais chargé d'une telle énergie. Et heureux au-delà de toute mesure. Pendant un instant j'ai été complètement moi-même, non, plus du tout « moi » et pourtant moi comme jamais et bien, bien plus.


Qu'avais-tu fait avant ?


Rien. C'est tombé sur moi tout d'un coup. Cela m'a saisi, dominé, vidé, rempli. Cela m'a porté en moi-même, anéanti, puis sorti de nouveau hors de moi. C'est tout à fait indicible.


Et tu avais l'esprit confus ? Et le monde autour de toi, comment était-il ?


L'esprit confus ? Absolument pas. Jamais je n'ai eu la tête aussi claire. Encore davantage je voyais ce que je n'ai jamais vu.


Quoi ?


L'intérieur des choses - à travers elles -, « leur noyau ». Je ne peux pas le décrire. Tout avait un sens entièrement différent. C'était exactement comme c'était avant et en même temps bien plus, tout autre et justement à cause de cela tout à fait soi. - Et toi ?


Exactement la même chose. Tout autre, un autre, et à cause de cela complètement moi-même. Je ne m'appartenais plus.


Et maintenant ?


Ah oui, maintenant ! Je cherche quelqu'un qui m'explique. Non - pourquoi expliquer ? - quelqu'un qui me le confirme, qui me « décharge », encore plus, qui me dirige. Je sais, c'est dans cette direction que cela se trouve.


Quoi ?


Le sens, la raison d'être. Pourquoi justement nous sommes là. J'ai besoin de quelqu'un qui connaisse cela, oui " sache " et… »


La double origine de l’Homme - Karlfried Graf Dürckheim



Il me semblait avoir contacté la vie sur terre d'une manière très profonde. Tout d'abord, je vécus toute une série d'empathies avec des animaux appartenant à des espèces variées, puis l'expérience devint de plus en plus globale.


Mon identité s'étalait dans l'espace, non seulement horizontalement en incluant toute forme de vie, mais aussi verticalement dans le temps. Je devins l'arbre d'évolution darwinien dans toutes ses ramifications.


Aussi incroyable que cela puisse paraître, je m'expérimentais comme étant toute la vie ! Je sentais la qualité cosmique des énergies et des expériences du monde vivant. Je sentais aussi la curiosité et la créativité sans fin qui caractérisent la vie, sa pulsion à s'exprimer et l'instinct de conservation opérant à plusieurs niveaux différents. Je réalisais ce que nous avions fait à la vie et à la terre depuis le début de l'ère technologique. Et du fait que la technologie est aussi une excroissance de la vie, la question cruciale pour moi était de savoir si la vie survivrait sur cette planète.


La vie est-elle un phénomène durable et constructif, ou bien est-elle une tumeur maligne à la surface de la terre résultant d'un défaut fatal dans son programme, qui la condamnerait à l'autodestruction ? Est-il possible qu'une erreur fondamentale se soit glissée dans le programme d'évolution de la vie au moment de sa conception ? Est-ce que les créateurs d'univers peuvent faire des erreurs comme le font les humains ?


Sur le moment, cette idée effrayante me sembla plausible ; quelque chose que je n'avais jamais envisagé auparavant.


Auteur non connu




J'étais allongé sur le beaupré, regardant vers l'arrière le jaillissement d'eau et d'écume. Les mâts et leurs voiles blanches sous le clair de lune se dressaient très haut au-dessus de moi. Je fus enivré de cette beauté et de son rythme chantant, et pendant un long moment, je me perdis - en fait je perdis ma vie. J'étais libre ! Je me dissolvais dans la mer, je devenais voiles blanches et embruns, rythme et beauté, clair de lune, bateau et ciel parsemé d'étoiles ! J'appartenais, sans passé ni futur, dans la paix, l'unité et dans une joie sauvage, dans quelque chose de plus grand que ma propre vie ou que la vie de l'Homme, à la Vie elle-même ! À Dieu, si vous préférez.


Et plusieurs autres fois au cours de ma vie, lorsque je nageais au loin ou étais étendu seul sur une plage, je fis la même expérience. Je devins le soleil, le sable chaud, les algues vertes accrochées au rocher, ondulant avec la marée. Comme la vision sainte de la béatitude. Comme le voile qui s'étend sur les choses lorsqu'elles semblent tirées en arrière par une main invisible. L'espace d'une seconde, vous voyez, et voyant le secret, vous êtes le secret. Pendant une seconde, vous comprenez tout !


Auteur non connu