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Pourquoi ne vivons-nous pas à partir de notre centre ?


L’apport des thérapies comportementales cognitives



« L’ailleurs que tu cherches est un ici que tu ne vois pas »

Pascal Patry



La difficulté que rencontre une personne en quête d’elle-même est la résistance de son mental. C’est maintenant bien connu, il en est question chaque fois que la question de la méditation est soulevée.


Une des raisons principales pour laquelle nous ne sommes pas centrés est due à nos croyances.


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La plupart des personnes pensent ne pas en avoir, elles pensent être ouvertes d’esprit, mais elles se leurrent et c’est ce que nous allons voir ci-dessous.


« Ce qui fait l’expérience, c’est ce que l’on remarque particulièrement et à quoi l’on prête attention ». Cette phrase est de William James.


Notre expérience est donc ce à quoi nous prêtons une attention. Pour être centré en nous-mêmes, il nous faudrait nous arrêter de nous focaliser sur cela même qui produit notre expérience. C’est-à-dire faire le vide.


Être vide de l’expérience, pour en dehors d’elle, nous retrouver avec nous-mêmes est la solution.


• Mais voyons les difficultés.


Les taoïstes soutiennent, selon les « Annales de la montagne escarpée », que dans l'immobilité pour atteindre le vide, les adeptes sont sujets à nombre d'illusions. Celles-ci sont les productions de la conscience discriminante, qui apparaît à la faveur de l'immobilité afin de séduire l'esprit.


Toutes les apparences sont des illusions, disait un ancien ; même le désir de s'en affranchir montre que la conscience discriminante est toujours opérante. Elle provoquera encore des hallucinations afin de perturber l'esprit. Si l'esprit demeure indifférent, et voit sans voir, semblable à un espace ouvert, ne reposant nulle part, ces illusions disparaîtront naturellement.


Vouloir se retirer de l’expérience est un vouloir de trop qui n’amène pas au résultat recherché. Voilà ce que nous disent les « Annales de la montagne escarpée ». Il ne faut rien vouloir, pas même vouloir y arriver.


• Nos processus cognitifs au cœur de notre expérience


1 - Parmi nos processus cognitifs, nous avons les perceptions. En effet, nous avons tous des perceptions sur les gens et la vie en général. Et ces perceptions nous sommes obligés dans une certaine mesure d’y prêter attention !


Les perceptions mettent en jeu ceux des aspects d’une personne ou d’une situation qui cadre avec des catégories qui ont pour nous une signification particulière. Par exemple, dans les relations conjugales et familiales, les perceptions se rapportent à la façon dont nous interagissons avec un conjoint ou un membre de la famille et comment nous le percevons, au travers de ces interactions.


Un mari peut, par exemple, percevoir son épouse, ou l’un de ses frères ou sœurs, comme « susceptible » ou « hypersensible ». Ensuite, du fait que les perceptions déterminent ce à quoi nous prêtons attention chez les autres, elles supplantent parfois d’autres cognitions, telles que les attributions, les attentes et les suppositions. Simultanément, ces autres cognitions vont par la suite influencer et affecter nos perceptions et parfois les changer. Au final, les perceptions sont susceptibles de changer, en fonction des informations nouvelles que nous rencontrons.


Pourtant, selon l’impact de nos expériences, les perceptions peuvent être difficiles à modifier. Si, par exemple, un homme perçoit initialement sa femme comme généralement « altruiste », il va alors incorporer cette perception à la vision générale qu’il a d’elle. Par la suite, lors de ses futures expériences avec elle, l’information nouvelle sera toujours jugée à la lumière de la perception initiale, et il ignorera plusieurs actes « égoïstes ».


C’est ainsi que des biais perceptifs peuvent se produire, en fonction du parcours vécu par une personne avec sa ou son partenaire ou les membres de sa famille. Mais également avec les amis, les voisins, etc.


les processus cognitifs sont l’épine dorsale de l’approche cognitive ou comportementale de la dysfonction relationnelle.


2 - Après les perceptions en tant que processus cognitifs, nous avons les attentes et les normes.


L’attention sélective. Tendance qu’à un individu à ne remarquer que certains aspects des événements survenant dans les relations et à ne pas remarquer d’autres événements. (Par exemple, se concentrer sur les mots du partenaire en négligeant ses actions).


Les attributions. Ce sont des inférences à propos des facteurs qui ont pu influencer les actions du partenaire (par exemple, conclure que le partenaire répond mal à une question parce que ce dernier veut contrôler la relation).


Les attentes. Prédiction sur la vraisemblance de survenue d’événements particuliers dans la relation (par exemple, estimer qu’exprimer ses sentiments aux partenaires mettra celui-ci en colère).


Les suppositions. Croyances au sujet des caractéristiques générales des gens et des relations (par exemple, une femme qui suppose que les hommes n’ont pas besoin d’attachement affectif).


Les normes. Croyances au sujet des caractéristiques que les gens et les relations « devraient » avoir (par exemple, estimer que les partenaires ne doivent pas se mettre de limites, qu’ils doivent partager entre toutes leurs pensées et leurs émotions).


3 - Certaines distorsions cognitives sont habituellement présentes chez toutes les personnes.


L’inférence arbitraire. Des conclusions sont tirées en l’absence d’arguments valables ; par exemple, les parents dont l’adolescente arrive à la maison une demi-heure après l’horaire autorisé, et qui en concluent : « elle prépare encore un coup tordu ».


Les abstractions sélectives. Une information est sortie de son contexte, et certains détails sont mis en valeur pendant que d’autres informations importantes sont ignorées. Par exemple, un homme dont la femme répond à ces questions de façon laconique se dit : « elle est en colère contre moi. »


La surgénéralisation. À partir d’un ou deux événements isolés, la personne se créait une représentation qu’elle s’autorise à appliquer à toutes les situations similaires, qu’elles soient en lien ou non. Par exemple, si un parent refusa son enfant une sortie avec ses amis, et que l’enfant en conclut : « tu ne me laisses jamais rien faire. »


La maximalisation et la minimalisation. Une situation est perçue avec plus ou moins d’importance par rapport à ce qu’il conviendrait. Par exemple, un mari en colère explose de rage en constatant que le solde sur le livre de comptes n’est pas équilibré et qui dit à sa femme : « nous avons un gros problème. »


La personnalisation. Des événements extérieurs sont attribués à soi-même alors qu’il n’y a pas suffisamment d’arguments pour tirer une conclusion. Par exemple, une femme qui voit son mari ajouter du sel au repas se met à supposer : « ils détestent ma cuisine. »


La pensée dichotomique. Les expériences vécues sont codifiées en blanc ou en noir, en tant que succès total ou en tant qu’échec complet. On peut aussi parler de « pensée polarisée ». Par exemple, si un mari est en train de réorganiser un placard et que sa femme le questionne sur la position des différents éléments, et qu’il se dit à lui-même : « quoique je fasse, elle n’est jamais satisfaite. »


L’étiquetage et l’étiquetage erroné. L’identité de quelqu’un est caricaturée sur la base de défauts et d’erreurs qu’il a commises par le passé et que l’on s’autorise à utiliser pour le définir. Par exemple, à la suite d’erreurs répétées dans la préparation du repas, une femme se dit : « je suis nulle », au lieu de reconnaître que ces erreurs ont peu d’importance.


La vision tunnelisée. Parfois, les partenaires ne voient que ce qu’ils veulent voir ou bien ce qui correspond à leur état d’esprit du moment. Un homme qui pense que « sa femme ne fait, de toute façon, que ce qu’elle veut » risque de l’accuser de faire un choix fondé uniquement sur des motifs égoïstes.


Les explications biaisées. C’est un mode de pensée que des partenaires développent durant les périodes de souffrance, en supposant de façon automatique que le conjoint a une autre idée, négative, derrière l’intention qu’il manifeste. Par exemple, une femme se dit : « Il est si calme et gentil parce qu’en fait il attend quelque chose de moi. Il m’exaspère. »


La lecture mentale. Elle correspond au pouvoir magique qui permet de connaître la pensée d’autrui sans l’aide de la communication verbale. Certains conjoints en arrivent à s’attribuer mutuellement des intentions indignes. Par exemple, un homme se dit à lui-même : « je sais ce qui lui passe par la tête ; elle me croit naïf à propos de ce qu’elle est en train de faire. »


• En résumé


Nous voyons que nos processus cognitifs sont continuellement en action et nous aliènent. La méditation consiste à faire silence par le contrôle que nous pouvons avoir sur nos pensées et nos sentiments. Un travail thérapeutique permet aussi de limiter les croyances.



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Thérapeutique

« La difficulté que rencontre une personne en quête d’elle-même est la résistance de son mental »


« Les taoïstes soutiennent, selon les « Annales de la montagne escarpée », que dans l'immobilité pour atteindre le vide, les adeptes sont sujets à nombre d'illusions »

« Tendance qu’à un individu à ne remarquer que certains aspects des événements survenant dans les relations et à ne pas remarquer d’autres événements »

« Une situation est perçue avec plus ou moins d’importance par rapport à ce qu’il conviendrait »

« La méditation consiste à faire silence par le contrôle que nous pouvons avoir sur nos pensées et nos sentiments »