De la psychologie à la spiritualité

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De la psychologie à la spiritualité

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Psychologie · 18 Novembre 2021
De la psychologie à la spiritualité

Chacun d’entre nous a remarqué qu’une partie de la vie est constituée de relations basées sur l’affinité. Dans ces relations règne de l’amitié, une bonne intelligence, de la complicité parfois, de la compréhension, de la fraternité, bref les individus ont entre eux des atomes crochus comme on dit…

À côté de ces relations basées sur l’affinité, d’autres relations existent dans lesquelles prédominent de la discordance, des désaccords, une atmosphère qui n’est pas harmonique, on y ressent des pincements intérieurs, de fausses notes comme on dit…

Entre atomes crochus et fausses notes, c’est tout notre univers émotionnel qui est impacté. Nos relations quelles qu’elles soient, sont tissées d’accord et de désaccord, à des degrés d’intensité divers et variés.

Du matin jusqu’au soir, la vie que nous menons dans notre quotidien est empreinte de moment fluide et de moments où la tension est plus palpable. Ainsi se présente des moments ou tout est aisé, coule facilement et naturellement, alors qu’à d’autres moments c’est plutôt la contraction, la pression, le resserrement, le rétrécissement relationnel.

La plupart du temps, nous ne maîtrisons pas ce qui se produit en nous au contact d’autrui. Nous subissons en quelque sorte des flux d’énergie qui s’interpénètre lors d’une rencontre. On appelle cela de façon générale l’atmosphère…

Avec untel on se comprendra immédiatement alors qu’avec un autre on sentira qu’il va être difficile de se comprendre, d’entrer en relation. On comprendra dès lors que la capacité à gérer les moments émotionnels qui nous arrivent va être d’une importance capitale pour le bien-être de notre vie, de celle d’autrui, bref de la vie en général.
 
La vie intérieure se construit dès la prime enfance, nous explique Sigmund Freud. Dans sa théorie, l’enfant arrive au monde comme une page blanche sur laquelle va venir s’inscrire et s’imprimer une somme d’expériences. À partir d’un certain âge, les choses sont définitivement scellées. Il compare alors l’enfant devenu adulte à un cristal dans lequel se situeraient des lignes de faille. Il suffirait alors que ce cristal tombe et se brise pour voir apparaître à la manière dont il s’est brisé, les lignes de faille en question. Entendu que ces lignes de faille correspondent à des faiblesses psychologiques, voire à des pathologies psychologiques.
 
Pour le dire d’une manière différente, nos fragilités, et nos fragilités émotionnelles en particulier, seraient la conséquence d’un vécu. Si Sigmund Freud a dans une certaine mesure raison, en aucun cas sa théorie n’apporte des explications sur le pourquoi du vécu. En d’autres termes, pourquoi vivons-nous ce que nous vivons pour finalement être et devenir qui nous sommes ?
 
Il faut s’échapper de la théorie psychanalytique et s’ouvrir à d’autres voies de connaissance pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’une vie humaine, ce que l’on a pris l’habitude d’appeler la biographie.
 
Ce que Sigmund Freud n’a pas suffisamment pris en compte dans sa théorie est l’activité de l’enfant lui-même, depuis sa tendre enfance, au milieu de ceux qui vont être ses parents, ses éducateurs, ce que l’on appelle communément en psychologie ses figures d’attachement.
 
C’est alors vers la théorie de John Bowlby qu’il faut se tourner. John Bowlby, à l’inverse de Freud, n’est pas parti de l’individu « malade » pour trouver une thérapeutique (psychanalyse pour Freud), mais il est parti de l’individu « sain » pour comprendre comment dans ses interactions avec autrui, il finit par tomber « malade » (Théorie de l’attachement). C’est donc une démarche entièrement antinomique à celle de Freud que John Bowlby a entreprise pour comprendre en partie la nature humaine.
 
Il ressort de la théorie de John Bowlby de nombreuses informations expliquant les relations que l’enfant peut entretenir avec ses figures d’attachement.
 
Néanmoins, là encore, la théorie découle de l’observation extérieure des choses sans tenir compte de la vie intérieure des individus. Observer dans un groupe de chimpanzés ou de gorilles les interrelations parents-enfants au sein de ce même groupe, pour ensuite transposer les observations à la vie des êtres humains, est somme toute quelque peu limite ! On ressent bien ici que si certains comportements provenant du monde animal se retrouvent dans le monde des Hommes, l’Homme n’est d’aucune manière un animal.
 
Il faut alors pousser encore les portes de la connaissance pour pouvoir comprendre, du moins essayé de comprendre, ce qu’il en est de la réalité du vécu des individus, à la fois dans ce qu’il leur appartient en propre (vie intérieure, intime et personnelle), et dans ce qui appartient à autrui, notamment dans les rapports relationnels.
 
Cette porte qu’il faut pousser, c’est la porte de l’astrologie. En effet, c’est au ciel de naissance de tout un chacun qu’il faut se référer pour pouvoir entrer dans les arcanes secrets et connaître de quel bois nous sommes faits.
 
Mais là encore, notre ciel intérieur ne nous informe que sur les interactions que nous entretenons de façon intime avec nous-mêmes et avec les autres. En aucun cas notre ciel intérieur ne nous explique pourquoi nous avons ce ciel intérieur en particulier.

En d’autres termes, pourquoi sommes-nous nés tel jour, à telle heure, à tel endroit ?

Sans trop entrer dans les détails, ce qui nous mènerait beaucoup trop loin, la théorie du psychiatre Carl Gustav Jung trouve ici sa place en cela qu’elle est une véritable psychologie des profondeurs, même si Carl Gustav Jung a émis certaines réserves concernant l’usage et la pratique de l’astrologie.

Il reste donc encore une porte à pousser, un palier à franchir pour saisir l’essence même de notre être, celui-là même qui s’est choisi un ciel de naissance ou thème astral, celui-là même qui s’est choisi un père et une mère pour grandir et se développer.

Cet être, qui, lorsqu’il est trouvé et apparaît à la conscience de soi, s’avère être le noyau éternel et immortel en chacun d’entre nous. C’est ici que les paroles de Saint Jean dans son Évangile prennent toute leur dimension : « vous êtes des dieux ».

On peut également citer les paroles de Rudolf Steiner : « En nous tous réside une faculté, mystérieuse et sans pareille, de laisser derrière nous tout ce qui change avec le temps pour nous retirer au plus intime de notre soi dépouillé de tout ce qui est venu l’envelopper de l’extérieur, pour y contempler, sous la forme de l’immutabilité, l’éternel en nous ».

Une psychologie et qui plus est une thérapeutique qui voudrait se passer de ce dernier point (l’être immortel en soi) et du point précédent (le rapport de l’être immortel avec son ciel de naissance) seraient une psychologie et une thérapeutique amputée de l’essentiel.
 
Mais de quel essentiel s’agit-il et quels mots est-il possible d’utiliser pour essayer d’en toucher, d’en frôler la nature ?
 
Il faut tout d’abord faire une distinction entre la religion et ce qui est religieux. Le dictionnaire nous informe qu’une religion est un ensemble de croyances et de dogmes qui essayent de définir le rapport de l’être humain avec la puissance divine ou avec le surnaturel. La religion consiste en un système de pratique et de rites propres à chacune des croyances.

Être religieux, en dehors de toutes religions, et comme l’étymologie latine du mot « religiosus » nous le rappelle, consiste en toute autre chose ; cela consiste à être dans une attitude d’attention minutieuse.

Et cette attention minutieuse, lorsqu’elle est fondée sur le noyau éternel et immortel en chacun de nous, nous permet de nous relier au divin proprement dit, et non pas au divin tel qu’il est enseigné.

Être religieux, c’est être capable d’ouvrir le canal qui mène à l’écoute directe et sans intermédiaire, sans médiation de la vie divine et non pas à être pollué par ce que les uns ou les autres disent de ce que doit ou devrait être le religieux. Entretenir un rapport intime à nul autre pareil entre l’être et les puissances d’en haut, voilà ce que c'est qu'être religieux. C’est ce rapport personnel qui rend véritablement un être libre.

Voilà donc notre nouveau-né, dans les bras de sa nouvelle maman, sous les yeux ébahis, parfois interrogateur de son nouveau papa. Dans le psychisme de cette nouvelle maman et de ce nouveau papa, et cela de manière inconsciente chez eux, l’avenir de leur nouveau bambin est comme tracé par une couche de croyances.

Où ces croyances vont-elles mener cet enfant ? Comment l’enfant en cours de développement va-t-il être imprégné des croyances de ses parents ? Comment va se dérouler sa quête de lumière, car au fond, l’objectif de tout être humain n’est-il pas d’ouvrir ce canal vers la vie divine ? Cette ouverture étant l’unique et la seule qui puisse être consolatrice pour une âme et lui procurer la joie.

Approfondissons, car au mot âme sont associés des synonymes tels que cœur, conscience, esprit, mystère, pensée, principe vital, souffle vital, spiritualité, transcendance, vie.

Cette âme dans nos universités est devenue stade oral, stade anal, stade phallique, etc. La vision de Freud a investi la pensée pédagogique, reléguant ce qu’il y a de plus beau et de plus noble en nous à des fonctions purement et exclusivement d’ordre sexuel.

Même si chez Sigmund Freud il ne faut pas mélanger la sexualité adulte avec le développement psychosexuel. Il n’empêche que la vision que l’on a de l’être humain est enfermée dans un carcan dont il devient absolument nécessaire de se sortir, à moins d’y sombrer.

La vie psychique du père et de la mère va donc s’infuser dans la vie psychique de l’enfant au cours de son développement. Comment l’enfant résistera-t-il à ses injonctions parentales inconscientes ? Va-t-il devenir un rebelle qui coûte que coûte poursuivra son chemin vers son étoile intérieure, le midi à sa porte, ou entrera-t-il dans la norme de son milieu socioculturel par les nombreuses contraintes ?

Force est de constater que pour celles et ceux qui depuis leur plus jeune âge n’ont pas reçu l’éducation nécessaire à l’éveil spirituel, cet éveil si nécessaire et fondamental pour une vie épanouie et heureuse, vont à un moment de leur existence entrer dans une souffrance existentielle.

Inévitablement, il y aura un appel à l’éveil, car sans ce dernier c’est la mort de la graine qui porte en elle potentiellement une rose. Or, ce que porte une âme en elle a besoin à un moment donné ou un autre de son existence de s’épanouir, de fleurir, de simplement réaliser sa vie.

C’est alors le moment de se plonger en soi-même pour essayer de comprendre en quoi nos conditionnements se sont constitués en véritables obstacles à notre épanouissement. Pour les uns la vie semblera un parcours difficile et chaotique, déroutant parfois et souvent imprévisible. Ils se satisferont néanmoins de leur situation et vivront bon an mal an un cours des choses sur lequel ils n’auront guère de prise.

Pour d’autres, plus conscients des enjeux qui les concernent en matière d’éveil spirituel, ils chercheront une aide.
C’est ici que de grandes questions se posent et la plus grande question est souvent de savoir si une démarche thérapeutique devient nécessaire et vers qui l’on va se tourner.

En conclusion, il peut être dit que l’être humain est un être psychospirituel qui dès sa naissance va être plongé dans un univers psychologique en interrelation avec ses figures d’attachement.

Les diverses théories psychologiques comme celle de Sigmund Freud ou de John Bowlby sont insuffisantes pour expliquer et comprendre la vie humaine. D’autres connaissances doivent être apportées, non seulement pour comprendre, mais aussi pour apporter des solutions thérapeutiques aux divers problèmes qui peuvent être rencontrés. La psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung est une source importante, mais insuffisante pour toucher le sens profond de la vie.

Nous arrivons alors aux travaux de personnes comme le psychiatre Victor Frankl (Le Dieu inconscient - Psychothérapie et religion chez Inter Édition) et les travaux de Rudolf Steiner sur les réalités de l’âme humaine et du karma (voir les divers ouvrages aux Éditions Triades et Anthroposophiques Romandes).

L’Homme, consciemment ou inconsciemment est en quête de qui il est vraiment.
Les rayons des librairies sont remplis de livres, d’ouvrages qui tentent d’apporter des réponses à celles et ceux qui cherchent cette réponse, la seule qui mette un terme à la souffrance humaine, mais faute de guide aguerri sur le chemin vers soi, cette réponse, peu la trouvent.

Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste





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