Focus sur la thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle

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Focus sur la thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Psychothérapie · 29 Août 2021
Tags: Psychothérapie
Focus sur la thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle

La thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle, comme son nom l’indique, se focalise dans son action thérapeutique sur trois variables interdépendantes que sont les émotions, les cognitions (les pensées) et les comportements.

Tout au long d’une thérapie comportementale et émotionnelle, ces trois variables, à partir de l’observation (la clinique ou observation au chevet du patient), seront mesurées dans leur intensité et leur fréquence. Par exemple l’intensité des émotions et la fréquence de tel ou tel comportement, mais également la façon de penser dans les moments où le comportement n'est pas forcément adéquat : j'ai fait telle chose parce que je m'inquiétais pour rien.

La thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle est une thérapie dont l’efficacité a été largement démontrée pour les troubles anxieux et dépressifs et dont l’intérêt a également été démontré pour des troubles plus invalidants, comme les troubles addictifs, le stress, l’insomnie, le trouble du comportement alimentaire, des comportements inadéquats et parfois délétères pour sa propre santé.

Nous devons à Aaron Temkin Beck les principes fondamentaux concernant la thérapie cognitive, comportementale et émotionnelle.

Ces principes fondamentaux sont :

L’authenticité du thérapeute, son professionnalisme, son empathie, sa bienveillance et sa capacité à valoriser les efforts de son consultant ; ces facteurs étant à la source d’une alliance thérapeutique, laquelle est fondamentale dans une relation où le thérapeute et le patient sont actifs et ont chacun pour objectif la résolution d’une problématique. Cette activité est le fruit d’une collaboration, d’un travail d’équipe qui repose sur une alliance solide.

• La psycho éducation du consultant par le thérapeute. Elle consiste à donner au consultant des informations précises sur le fonctionnement de sa psyché.

• La prise en compte des problèmes actuels qui sont exprimés et définis par le consultant. En effet, déterminer les problèmes concrets à résoudre va permettre de poser les objectifs précis de la thérapie.

• La construction d’un programme thérapeutique personnalisé qui découle de la conceptualisation des différents problèmes que rencontre le consultant. Il s’agit ici pour le consultant et le thérapeute d’avoir une vision d’ensemble de ce qu’il y a à régler.

• La conceptualisation des différents problèmes est modifiée et réajustée par le thérapeute au cas où de nouveaux problèmes seraient évoqués par le consultant.

Au cours de la thérapie, la direction prise vise à l’autonomie du consultant. À terme, le consultant doit être capable de devenir son propre thérapeute et apprend ainsi à éviter que ses difficultés ne deviennent chroniques, ou qu’il y ait rechute.

• La thérapie cognitive, comportementale et émotionnelle se limite dans le temps. Selon la problématique à régler, elle s’échelonne sur une durée d’un à deux ans par séance hebdomadaire. Il faut habituellement compter entre 5 à 25 séances.

• Nécessité d’œuvrer de souplesse pour le thérapeute, de sorte à permettre au consultant de s’exprimer comme il le souhaite, de laisser les émotions se décharger lorsque c’est nécessaire et de prendre en considération les éventuels événements de vie stressants qui peuvent survenir en cours de thérapie. Cette souplesse s’intègre néanmoins dans des séances structurées qui suivent une organisation précise.

• Le thérapeute accompagne le consultant de sorte qu’il puisse identifier et réagir de façon adaptée à ses cognitions (à son système de pensée), observer et modifier un éventuel comportement dysfonctionnel et enfin à réguler de la façon la plus optimale possible ses émotions. Pour cela le thérapeute utilise de nombreuses techniques différentes afin d’agir sur ses différentes variables (cognitions, comportements, émotions) lorsqu’en cours de thérapie elles émergent et posent problème.

La thérapie cognitive, comportementale et émotionnelle fait suite :

Aux différentes théories comportementales qui sont basées sur des modèles de l’apprentissage. On peut par exemple citer l’expérience du conditionnement classique de Pavlov, du conditionnement opérant de Skinner et le modèle de l’apprentissage social de Bandura.

Aux différents concepts de schémas tels que décrits et définis par Aaron Temkin Beck dans les thérapies cognitives, schémas qui ont été repris en tant que schémas précoces inadaptés tels que décrits et définis par Jeffrey Young.

Aux différents concepts d’acceptation et de pleine conscience qui sont basées sur les théories émotionnelles, concepts faisant partie de ce qu’il est nommé communément la « troisième vague ».

La réussite d’une thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle repose essentiellement sur l’alliance thérapeutique, c’est-à-dire la notion d’union par engagement mutuel entre le thérapeute et son consultant.

En effet, lorsque deux personnes se rencontrent, quel que soit le contexte, les facteurs relationnels sont au premier plan. Chacun a besoin de savoir à qui il a affaire, afin de définir de quelle manière se comporter. La méfiance, la confiance, la séduction sont des exemples de phénomènes qui se produisent lors d’une rencontre. En psychothérapie les protagonistes n’échappent pas à ce phénomène purement humain.

Un rapport collaboratif consiste à passer de ce type de phénomène relationnel, dans lequel les facteurs interindividuels sont prédominants, à un autre type de relationnelle dans laquelle le thérapeute et le consultant vont travailler ensemble pour résoudre les problèmes posés.

Il faut comprendre que travailler à la résolution de problèmes ne va pas sans la nécessité de dépasser les phénomènes de résistance. Changer, car c’est bien de changement dont il s’agit, tant au niveau de la façon de penser (cognitions), qu’au niveau du comportement et des émotions, ne va pas sans enclencher des mécanismes de défense. Pour pouvoir aller au-delà des résistances qui sont tout à fait normales, il est nécessaire d’instaurer une alliance thérapeutique forte.

Cette alliance favorise la capacité du consultant à travailler au cours des séances de thérapie, à créer un lien « affectif » avec son thérapeute, à prendre en considération le fait que son thérapeute le comprend et s’engage également pour lui, à inclure dans son esprit la dimension de collaboration, de mutualité et de négociation.

Une alliance forte sera fonction du climat de confiance et de l’empathie qui règne dans les échanges.

Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste


                                                     



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