Les distorsions cognitives dans le couple et la famille

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Les distorsions cognitives dans le couple et la famille

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Psychothérapie · 26 Août 2021
Tags: Psychothérapie
Les distorsions cognitives dans le couple et la famille

Les distorsions cognitives sont des erreurs de traitement de l'information, qui contribuent à ce que les facultés de connaître (faculté de connaître = cognition = processus par lequel un organisme acquiert une connaissance) puissent être des sources de détresse et de conflit dans la vie des personnes.

Ces distorsions cognitives résultent de perceptions, d'attributions, d'attentes, de suppositions et de normes qui sont déformées ou inappropriées.

La liste ci-dessous décrit ces distorsions cognitives, en donnant des exemples de la manière selon laquelle elles peuvent survenir dans les interactions du couple et de la famille.

1. L'inférence arbitraire : des conclusions sont tirées en l'absence d'argument valable ; par exemple, les parents dont l'adolescente arrive à la maison une demi-heure après l'horaire autorisé, et qui en concluent : « elle prépare encore un coup tordu ».

2. Les abstractions sélectives : une information est sortie de son contexte, et certains détails sont mis en valeur pendant que d'autres informations importantes sont ignorées. Par exemple, un homme dont la femme répond à ses questions de façon laconique se dit : « elle est colère contre moi. »

3. La surgénéralisation : à partir d'un ou deux événements isolés, le sujet se crée une représentation qu'il s'autorise à appliquer à toutes les situations similaires, qu'elles soient en lien ou non. Par exemple, si un parent refuse à son enfant une sortie avec ses amis, et que l'enfant en conclut : « Tu ne me laisses jamais rien faire. »

4. La maximalisation et la minimalisation : une situation est perçue avec plus ou moins d'importance par rapport à ce dont il conviendrait. Par exemple, un mari en colère explose de rage en constatant que le solde sur le livre de comptes n'est pas équilibré et qui dit à sa femme : « Nous avons un gros problème. »

5. La personnalisation : des événements extérieurs sont attribués à soi-même alors qu'il n'y a pas suffisamment d'arguments pour tirer une conclusion. Par exemple, une femme qui voit son mari ajouter du sel au repas se met à supposer : « Il déteste ma cuisine. »

6. La pensée dichotomique : les expériences vécues sont codifiées en blanc ou en noir, en tant que succès total ou en tant qu'échec complet. On peut aussi parler de « pensée polarisée ». Par exemple, si un mari est en train de réorganiser un placard et que sa femme le questionne sur la position des différents éléments, et qu'il se dit à lui-même : « Quoi que je fasse, elle n'est jamais satisfaite. »

7. L'étiquetage et l'étiquetage erroné : l'identité de quelqu'un est caricaturée sur la base de défauts et d'erreurs qu'il a commises par le passé et que l'on s'autorise à utiliser pour le définir. Par exemple, à la suite d'erreurs répétées dans la préparation du repas, une femme se dit : « Je suis nulle », au lieu de reconnaître que ses erreurs ont peu d'importance.

8. La vision tunnelisée : parfois, les partenaires ne voient que ce qu'ils veulent voir ou bien ce qui correspond à leur état d'esprit du moment. Un homme qui pense que « sa femme ne fait, de toute façon, que ce qu'elle veut » risque de l'accuser de faire un choix fondé uniquement sur des motifs égoïstes.

9. Les explications biaisées : c'est un mode de pensée que des partenaires développent durant les périodes de souffrance, en supposant de façon automatique que le conjoint a une autre idée, négative, derrière l'intention qu'il manifeste. Par exemple, une femme se dit : « Il est si câlin et gentil parce qu'en fait il attend quelque chose de moi. Il m'exaspère. »

10. La lecture mentale : elle correspond au pouvoir magique qui permet de connaître la pensée d'autrui sans l'aide de la communication verbale. Certains conjoints en arrivent à s'attribuer mutuellement des intentions indignes. Par exemple, un homme se dit à lui-même : « Je sais ce qui lui passe par la tête ; elle me croit naïf à propos de ce qu'elle est en train de faire. »


                         




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