Focus sur la thérapie des schémas. Vous valez plus que ce que vous pensez.

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Focus sur la thérapie des schémas. Vous valez plus que ce que vous pensez.

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Psychothérapie · 6 Septembre 2021
Tags: Psychothérapie
Même si beaucoup de choses dans l’enfance se sont mal passées, il est possible de développer les meilleures facettes de soi, car c’est d’elles dont nous avons besoin le plus souvent dans la vie de tous les jours.

Beaucoup de personnes sont intelligentes et créatives, mais elles arrivent rarement à développer leurs talents.

Elles sont submergées dans leur vie quotidienne par des difficultés dans les diverses sphères de l’existence (familiale, sociale, professionnelle, affective, etc.). Ces personnes, ne sachant pas vraiment qui elles sont ou ce qu’elles veulent, sont rapidement confrontées à elle-même par tous les petits obstacles de la vie.

Focus sur la thérapie des schémas

C’est Jeffrey Young, un élève de Aaron Temkin Beck, qui va constater que des troubles anxieux, dépressifs, parfois chroniques, associés bien souvent à des troubles de la personnalité (particulièrement le trouble de la personnalité borderline) ne répondent pas favorablement ou que partiellement à la thérapie comportementale et cognitive. Il va élaborer une thérapie qui va au-delà de la thérapie comportementale et cognitive et qu’il va proposer sous le nom de thérapie des schémas.

Cette thérapie des schémas est un peu plus longue qu’une thérapie classique, car elle va rechercher les origines développementales des problèmes ciblées. Jeffrey Young va continuer à utiliser les principes de la restructuration cognitive, mais il va y incorporer des techniques centrées sur les émotions, ainsi que des exercices de visualisation mentale (travail d’imagerie). En ce qui concerne les techniques centrées sur les émotions, Jeffrey Young s’est inspiré de la Gestalt-thérapie.

N’étant pas structurée comme une thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle classique, la thérapie des schémas est plus difficilement évaluable par des essais thérapeutiques. L’approche psychothérapique de la thérapie des schémas est une approche centrée sur la personne et non pas sur les syndromes ou les troubles.

La thérapie des schémas se structure en sept étapes :

La première étape consiste à aider une personne à identifier ces schémas.

Pour ce faire, un questionnaire relatif aux schémas a été élaboré et l’on demande à la personne de le remplir. Ceci va déjà lui permettre de mettre un nom sur ce qui la fait souffrir et de rendre clair ce qui n’était jusque-là qu’une vague intuition. De plus, l’identification de ces schémas par une personne améliore la relation qu’elle entretient avec son thérapeute.

L’identification des schémas se fait également par une anamnèse qui est un retour sur le passé pouvant aider une personne à reconnaître l’activation d’un schéma.

La deuxième étape consiste à faire comprendre à une personne qu’un schéma se forme pendant l’enfance.

Il est nécessaire de se remémorer, de revivre certains pans de son enfance pour pouvoir atténuer la souffrance, car les mécanismes de défense vont empêcher la personne de ressentir l’activation d’un schéma de façon objective. Le schéma risque de rester dans l'inconscient.

À plusieurs reprises, il va être demandé à la personne de fermer les yeux et de laisser des images mentales se former. Cet exercice va servir à clarifier le ressenti émotionnel de la personne lorsqu’elle était enfant, ceci parce qu’elle va ressentir la souffrance et les émotions associées à son schéma. Cette technique permet à la personne de retrouver l’enfant qui est en elle.

Cette seconde étape est une étape particulièrement difficile sur le plan émotionnel et requiert la pleine participation du thérapeute (empathie, compréhension, soutien, encouragement, etc.).

La troisième étape va consister à tester la validité du schéma, en se basant sur les faits concrets.

En effet, il est fréquent qu’une personne possède plusieurs schémas activés. Dans le cadre de la psychothérapie, un seul schéma sera activé à la fois. Il est souvent préférable de commencer par celui qui a le plus d’impact sur la vie de la personne. Pour mettre à l’épreuve la validité d’un schéma, des stratégies thérapeutiques comme la restructuration cognitive (travail sur les pensées) peuvent être mises à l’œuvre.

Pour faire douter une personne de la validité de son schéma, il lui est demandé d’écrire tous les arguments pour et contre le postulat généré par celui-ci. Il est demandé à la personne de conserver cette liste des pour et des contre afin de pouvoir la consulter dès que nécessaire, voir tous les jours.

Lors de la quatrième étape, le thérapeute va demander à la personne d’écrire aux parents, membres de la famille, étrangers ou autres, qui ont contribué à la formation du schéma qui lui pose un problème.

On demande à la personne d’exprimer par cette lettre ce qu’elle a réellement ressenti lorsqu’elle était enfant, ceci afin de lui permettre d’extérioriser des émotions réprimées, tels que la colère ou la tristesse, engendrée par le comportement de la personne qui a contribué à l’activation du schéma.

Le but de cette lettre n’est pas pour une personne de régler ses comptes avec la personne qui est à l’origine de son schéma. Cette lettre sera rarement portée à la connaissance de l’intéressé. Elle va principalement permettre à une personne de se retrouver en ayant la possibilité de raconter son vécu émotionnel.

La cinquième étape va consister à aider la personne à analyser dans le détail la façon dont le schéma agit sur sa vie.

La personne va essayer de bien cerner les répercussions de l’activation de son schéma sur son vécu : habitudes autodestructrices, comportements néfastes, etc. La personne peut dresser une liste des comportements et des habitudes qui viennent renforcer l’activation de son schéma.

La sixième étape va consister à changer les modes de comportements pathologiques.

La personne pourra choisir deux ou trois comportements qui contribuent à accroître l’activation de son schéma et essayer de trouver des stratégies pour les modifier.

Une fois que la personne aura décidé des moyens qu’elle va mettre en œuvre pour changer chacun de ces comportements, elle devra, avec le soutien et les encouragements du thérapeute, les mettre en pratique.

Ce changement des modes de comportements est une étape particulièrement difficile. Il est fondamental d’opter pour des actions réalistes, car il est particulièrement important que ces premières expériences de changement aboutissent à quelque chose de positif. Si la personne se donne des objectifs inatteignables, cela la conduira probablement à un échec qui risquera de venir renforcer encore davantage l’activation du ou des schémas. Il est donc recommandé pour la personne de modifier ses comportements de façon graduelle. Ces changements comportementaux se feront là aussi avec l’aide du thérapeute.

Le renforcement positif des efforts que fera la personne sera un élément très important dans le processus de changement.

La septième et dernière étape consiste à aider la personne à maintenir ses efforts pour changer ses comportements problématiques et modifier ainsi son ou ses schémas.

Cette dernière étape est souvent longue, lourde en efforts et peut amener à des périodes de découragement. Là encore le soutien indéfectible du thérapeute sera de la plus grande importance. Les efforts réalisés par la personne ne vont pas toujours être payants à première vue et des pensées automatiques négatives associées aux schémas peuvent être à nouveau déclenchées par certains événements. Il s’agira alors d’aider la personne à questionner le bien-fondé de ses pensées, en tester la validité et à les remplacer par des pensées rationnelles.

Pour éviter un découragement, il sera souvent nécessaire de rappeler à la personne que bien que le changement soit un processus très long, il est possible de modifier un schéma quand on y met le temps et les efforts nécessaires.

En conclusion et pour transformer des schémas, il est nécessaire :

De déceler les schémas et de les identifier.

De comprendre qu’un schéma se forme dans l’enfance (être sensible à l’enfant qui est blessé en nous).

D’exposer les faits et d’invalider le schéma par le raisonnement.

D’écrire aux parents, aux frères ou à la sœur, à l’ami qui a contribué à la formation du schéma qui paralyse.

D’analyser en détail le schéma qui paralyse la vie.

De changer ses modes de comportements.

De persister dans la volonté de changement : ne pas abandonner, ne pas baisser les bras.

De pardonner à la personne qui est « responsable » de la formation du schéma.

Les principaux obstacles au changement sont :

La contre-attaque qui consiste à dénier l’existence d’un schéma est donc d’en assumer la responsabilité.

Les réactions de fuite et le déni.

La non-remise en question d’un schéma, ce qui équivaut à continuer de tolérer son existence.

S’attaquer à un schéma trop difficile à modifier sans l’aide ou l’appui d’un thérapeute.

Comprendre le fait d’avoir un schéma erroné, mais en reconnaître toujours la validité sur le plan émotionnel.

Le manque d’organisation et de discipline dans le processus du travail thérapeutique.

Un élément essentiel à la stratégie de changement est manquant.

Le problème est trop ancré et trop profondément enraciné pour pouvoir y remédier soi-même.

Travailler sur ses schémas contribue de manière significative à améliorer la qualité de la vie, mais aussi à l’augmentation du niveau de conscience. Or, comme le disait le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, le véritable changement personnel et social n’est possible que par l’augmentation du niveau de conscience des individus. Il disait qu’il était préférable d’assumer son Ombre plutôt que de la projeter sur les autres.

Beaucoup de personnes sont intelligentes et créatives, mais elles arrivent rarement à développer leurs talents.

Elles sont submergées dans leur vie quotidienne par des difficultés dans les diverses sphères de l’existence (familiale, sociale, professionnelle, affective, etc.). Ces personnes, ne sachant pas vraiment qui elles sont ou ce qu’elles veulent, sont rapidement confrontées à elle-même par tous les petits obstacles de la vie.

Ces obstacles deviennent rapidement des montagnes, qui les effraient souvent ou les mettent en colère. Tous ces tracas font qu’elles travaillent bien souvent en dessous de leur capacité réelle. Elle court également le risque de se faire du mal. L’alcool, les médicaments sont souvent des substances auxquelles ces personnes font appel pour atténuer leurs émotions trop fortes.

La thérapie des schémas va prendre en considération que lorsque nous étions enfants, nous avons pu être abandonnés, voire abuser. Il en découle qu’une partie de soi est en colère, qu’une autre partie à une tendance à la punition, qu’une autre partie n’a plus envie d’entendre qui que ce soit et se réfugie dans sa solitude.

Pour devenir un adulte sain, il faut petit à petit entrer dans la capacité à gérer ses émotions et à résoudre les problèmes qui en découlent avec efficacité. Même si beaucoup de choses dans l’enfance se sont mal passées, il est possible de développer les meilleures facettes de soi, car c’est d’elles dont nous avons besoin le plus souvent dans la vie de tous les jours.

C’est l’objectif et le but de la thérapie des schémas que de renforcer l’adulte sain et d’apprendre aux différentes facettes « enfants » à gérer les émotions intenses sans avoir peur des explosions de rage. Il s’agit de laisser la place à des valeurs et des normes plus nuancées.

Le thérapeute est aux côtés des personnes qui souhaitent se réaliser en leur apprenant des choses qu’elles n’ont pas pu apprendre durant l’enfance. Le thérapeute est là pour soutenir, pour comprendre afin de pouvoir faire pleinement confiance à quelqu’un : confiance qui a souvent été très abîmée dans l’enfance.


Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste






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